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Les Français tentés par la boîte auto

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Sur un marché automobile français dont les ventes ont baissé de 10.6% en dix ans, la proportion d’immatriculations de véhicules à boîte de vitesses automatique a plus que doublé. Les constructeurs l’ont bien compris et en proposent désormais sur un large partie de leurs gammes.

Les temps changent. Il y a une vingtaine d’années encore, la voiture à boîte automatique ne faisait pas rêver grand monde en France. « A cause du caractère latin qui veut que nombre de conducteurs préfèrent passer les vitesses », suppose Didier Laurent, consultant auto du groupe L’Argus, qui rappelle que l’Europe « est la seule région du monde où la proportion de boîtes manuelles est si forte ». Pourtant, alors que les ventes de voitures neuves en France ont chuté de plus de 10% entre 2004 et 2014, la proportion d’immatriculations de véhicules à boîte automatique n’a cessé de grimper (de 8% du total des ventes en 2004 à 18.6% début 2015, infographie ci-dessous).

L’an dernier, ce sont ainsi 298 131 « boîtes auto » qui ont trouvé preneur en France. « L’automatique n’est plus perçue comme un élément qui augmente la consommation de carburant, explique Didier Laurent. Les voitures qui en sont désormais équipées ont presque toutes le système de double embrayage, qui permet une consommation proche de celle d’une boîte manuelle. »

Sur une quinzaine de modèles de différentes marques*, nous avons relevé un écart moyen de 0,2 litre/100km, soit 5.9% de consommation mixte en plus pour les transmissions automatiques. Coté environnement, la technologie a également progressé. La réduction des émissions de CO² offerte par les nouvelles boîtes automatiques a favorisé leur présence sur de plus en plus de modèles. « C’est un bon allié pour leur homologation », en raison des normes européennes anti-pollution, justifie Didier Laurent.

Les constructeurs français passent (enfin) la seconde

Car devant une demande croissante, même les sceptiques ont fini par changer de religion. « Les Français n’y ont pas tellement cru au départ et on fait du gagne-petit, avec des boîtes à simple embrayage peu fiables », rappelle Didier Laurent, qui précise que Volkswagen s’y est mis à fond « dès 2004 ». Renault et PSA ont donc rectifié le tir, eux qui concentraient encore 54.9% des ventes de voitures neuves dans l’hexagone au premier semestre 2015**. Selon les chiffres du cabinet d’analyses auto Jato-Polk, la part des marques françaises dans les ventes de boîte auto en France est passée de 34% en 2013 à 37% en 2014.

Signe de ce temps nouveau, le prochain crossover de Renault, baptisé Kadjar, sera disponible avec une boîte automatique à double embrayage. Peugeot, quant à lui, a lancé sa nouvelle 308 SW l’an dernier équipée d’une boîte de vitesses automatique six rapports (EAT6). Citroën l’a adopté aussi et le propose désormais sur la plupart de ses modèles. « Maintenant, même de petites voitures en ont, alors qu’avant la boîte auto était réservée aux grosses voitures avec de gros moteurs », ajoute Didier Laurent.

Le prix, l’ultime frein

Si les performances de conduite sont, à en croire les spécialistes, devenues à peu près équivalentes, la différence la plus visible reste le prix. En étudiant plusieurs sites de constructeurs, à modèle comparable, il ressort en moyenne un surcoût de 3 748 euros pour un véhicule équipé d’une boîte automatique***. « Si on les proposait au même prix que les manuelles, les gens en achèteraient plus, affirme Didier Laurent. Quand on investit 15 000 à 20 000 euros dans une voiture et qu’il faut rajouter un surcoût, on aura plutôt tendance à le mettre dans un équipement de confort. »

Une fois l’effort consenti, toutefois, « même s’il peut y avoir une vidange de l’huile de la boîte, il n’y a pas d’entretien spécifique. La boîte de vitesse est de toute façon censée durer tout au long de la vie du véhicule et les boîtes mécaniques, elles aussi, peuvent connaître des avaries ». Quant à la revente, Didier Laurent se veut là aussi rassurant : « ce n’est pas plus dur de revendre une voiture à boîte auto. Le marché de l’occasion est actif et ces modèles se vendent plutôt bien, la boîte automatique est même plutôt une valeur ajoutée. L’écart de prix, lui, reste à peu près le même ». A votre pied gauche de choisir.

*Volvo S60 et V60 (moteurs D2 diesel), BMW 118i 136ch et Serie 3 berline (moteurs essence), Mercedes B220 et A200, Skoda Rapid TDF et Fabia TDF 1.4TDI, Renault Clio et Captur (différents moteurs diesel)

**donnée CCFA

***modèles comparés : BMW 118i 3 portes, BMW 320i 170ch, Citroën C3, Renault Clio, Captur, Laguna, Espace et Megane berline, Mercedes C220, C250, B200 et B220, Skoda Rapid TDF et Fabia TDF1.4TDI. Motorisation diesel uniquement.

Benjamin Hay - © chamillew - Fotolia.com

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