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Comment Airbnb a étendu son succès en France

comment airbnb a étendu son succès en France

Airbnb a connu une année record en France en 2016, avec 8,3 millions de voyageurs. Depuis ses débuts, la plateforme a su étendre son offre au point de séduire aujourd’hui bien au-delà des jeunes urbains.

C’était il y a trois ans. A l’époque, la consommation « collaborative » sortait à peine des cercles de ses initiés. Airbnb, lui, commençait tout juste à faire parler de lui en France. Touslesbudgets avait alors interrogé son directeur de l’époque, qui nous confiait que la plateforme américaine misait beaucoup sur la France pour son développement en Europe.

Trois ans ont passé. Airbnb a réussi son ancrage dans l’Hexagone, devenant même un authentique phénomène de société. Ne serait-ce que parce qu’il a su sortir des grandes villes et des jeunes urbains, connectés, séduits par un concept novateur qui permettait des vacances moins chères.

Nous avons demandé à Sarah Roy, responsable de la communication d’Airbnb pour la France et la Belgique, ce qui explique un tel succès. La plateforme, qui propose plus de 400 000 hébergements à travers le pays, a connu une année record en France l’an dernier, avec 8,3 millions de voyageurs.

Touslesbudgets.com : Trois années se sont écoulées depuis notre dernier entretien avec Airbnb. En quoi la plateforme a-t-elle changé ?

Sarah Roy : La grosse réussite a été le développement de notre maillage sur le territoire français. Nous avons désormais des hôtes un peu partout. Le cap des 20 000 communes où Airbnb est présent va d’ailleurs bientôt être dépassé*, ce qui représente tout de même plus d’une commune française sur deux.

Il y a trois ans, nous étions encore présents en majorité dans les grandes agglomérations et notre offre sur les zones de vacances commençait à peine à se développer. Nous avons aujourd’hui une forte croissance dans les zones rurales qui ne sont pas traditionnellement perçues comme des zones de vacances, ce qui démontre bien qu’Airbnb est devenu un phénomène beaucoup plus large qu’un simple phénomène urbain.

Ce qui a aussi évolué, c’est que l’on n’utilise plus Airbnb exclusivement pour les vacances, mais également pour un déplacement professionnel ou lorsque l’on est invité à un mariage.

Si l’on regarde l’année 2016 à la loupe, on remarque une forte progression du nombre de nos voyageurs en France -8,3 millions-. Parmi eux, 84% sont originaires d’Europe. Il y a trois ans, la majorité venait des États-Unis. Aujourd’hui, plus d’un voyageur sur deux en France est Français -59% exactement-.

TLB : Qu’est ce qui explique le phénomène Airbnb ?

S.R. : Il y a beaucoup de facteurs. Pour les hôtes, nous savons que la motivation première est financière. Il y a des études qui montrent qu’un Français sur trois utilise des sites collaboratifs tels que le nôtre pour arrondir leurs fins de mois.

Chez nous, les annonces sont gratuites, simples et peuvent être faites via un mobile. Un certain nombre de gens créent ainsi leur annonce par curiosité et voient qu’ils ont rapidement des demandes de réservation. Ils se prennent alors au jeu, avec le plaisir, notamment, d’avoir une petite ouverture sur le monde en recevant des touristes étrangers.

La simplicité est aussi un argument. Avant, il fallait envoyer un chèque au préalable, faire un état des lieux long, refaire un chèque en partant pour la consommation d’eau et d’électricité… La plateforme évite tout cela.

Ce qui joue également en notre faveur, c’est l’offre très large. La plateforme propose tous les prix et nombre d’expériences, de l’appartement classique à la yourte en passant par la cabane dans les arbres.

« L’hôte-type peut gagner 2 100 euros par an

grâce à ses locations Airbnb »

TLB : Peut-on vraiment envisager Airbnb comme un moyen de compléter ses revenus ?

S.R. : Sur une année, l’hôte-type peut gagner 2 100 euros grâce à ses locations. Pas de quoi en vivre mais cela constitue tout de même un treizième mois. Il y a également un certain nombre de personnes qui possèdent une résidence secondaire, qui nécessite souvent des frais d’entretien élevés, et pour qui Airbnb peut être une solution.

Nous avons aussi de plus en plus de retraités, dont les revenus ont baissé depuis qu’ils ont cessé de travailler et dont les enfants sont partis. Ceux-là ont du temps et envie de recréer du lien social. Les plus de 60 ans représentent ainsi plus de 15% de nos hôtes en France.

TLB : Airbnb a-t-il « ouvert » les vacances à des Français qui n’avaient pas ou peu la chance de partir ?

S.R. : C’est difficile à quantifier mais on sait que c’est le cas. Si l’on regarde l’évolution du nombre de nos voyageurs, on voit bien qu’il y a les « existants » et les nouveaux. Certains nouveaux voyageurs devenant d’ailleurs aussi des hôtes.

Le fait que notre offre se soit étendue sur le territoire permet à la population de partir en vacances à deux heures de chez elle, sans avoir à acheter de billets d’avion -même si les prix ont baissé-. Partir près de chez soi, c’est déjà du dépaysement. Et partir autrement que du samedi au samedi, ça a changé aussi la donne.

*interview réalisée la veille de l’annonce « officielle », le 28 juin

Propos recueillis par Benjamin Hay - © Illustration Airbnb Press

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