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Des consommateurs de plus en plus sensibles à la météo

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L’hiver exceptionnellement doux qu’a connu la France cette année a démontré -si besoin était encore- à quel point la météo influence notre façon de consommer. Un impact mesuré et quantifié et qui, à en croire les spécialistes, ne cesse de s’accroître au fil des changements climatiques.

Avec en moyenne 1.8°C de plus que la normale, la douceur de l’hiver a semble-t-il profité à notre porte-monnaie. Selon les calculs de Meteo Protect, courtier spécialisé dans la gestion et la couverture financière du risque météo, pour un appartement de 70 m2, les Français ont économisé en moyenne 124 euros de chauffage électrique et 77 euros de gaz entre décembre et février. De manière générale, pour un appartement de 60m², à chaque degré supplémentaire, l’économie est de cinq euros par semaine si on se chauffe à l’électricité et de trois euros pour un chauffage au gaz.

Pour obtenir ces résultats, le courtier « part des chiffres de la consommation quotidienne (de l’Insee) et compare l’écart entre la consommation observée en temps normal et celle observée avec une anomalie de la météo », explique Jean-Louis Bertrand, directeur du développement de Météo Protect.

A en croire ses chiffres, chaque degré au-dessus des moyennes de saison fait progresser le chiffre d’affaires du tourisme de 1.5%. Celui des jardineries est lui divisé par deux voire trois en cas de fortes pluies. En cas de caprices de la météo, les Français se tournent également moins vers les parcs d’attractions (-8% de chiffre d’affaire par degré en dessous des moyennes de saison) ou les cinémas (-20% de spectateurs en moins quand il fait plus chaud que d’habitude).

Des changements plus fréquents et visibles

Et le phénomène n’irait qu’en s’amplifiant. « La courbe du GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ndlr) montre que depuis 1980, la température globale a augmenté, affirme Jean-Louis Bertrand. L’écart à la normale a donc lui aussi augmenté, sous l’effet du changement climatique, entraînant des anomalies météorologiques plus fréquentes, et plus intenses. »

D’où de nouvelles façons de consommer « notamment sur Internet, où l’on est davantage influencé par les choses de l’instant, dont la météo, rapporte Laurent Soulé, directeur marketing de Climpact-MetNext, société de service conseil spécialisée dans l’analyse du risque météo pour les entreprises. De plus, lorsque l’on a un printemps pourri, on note un effet de rattrapage, d’amplification de la consommation. Vous n’avez pas mangé de glace depuis des mois, vous serez tenté d’en manger plus par la suite. »

Enfin quant aux prix, difficile de savoir s’ils sont eux aussi « météosensibles ». Du coté de Climpact, on « ne pense pas » que cela soit le cas, tout en concédant que la météo, « dont l’effet peut provoquer des ruptures de stock (…) influence de toute façon déjà les prix de manière indirecte. Les voyagistes, par exemple, font varier leurs prix parce que la demande varie, justement à cause de la météo. »

A noter enfin que les femmes seraient plus sensibles à la météo que les hommes. Du moins sur le prêt-à-porter. Selon les chiffres de Météo Protect, un degré en moins au printemps peut faire chuter les ventes de 8% ans pour le prêt-à-porter féminin, contre 2% au rayon hommes (7 et 3% en automne). Et cela devrait continuer à l’avenir : le nombre d’alertes météo, en augmentation constante ces dernières années, a quasiment doublé en deux ans (de 65 en 2011 à 130 en 2013*).

Benjamin Hay

©Wikimedia Commons/Zoetnet

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