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Électroménager : comment les fabricants limitent la casse

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Alors que les ventes d’électroménager continuent leur progression (+6.5% en 2015), les fabricants cherchent des solutions pour faire face à la fragilité des composants de leurs appareils.

Les Français possèdent en moyenne vingt appareils ménagers par foyer, selon les chiffres du Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager (Gifam). Autant de produits qui peuvent tomber en panne, au grand mécontentement d’un consommateur qui sera, alors, tenté d’aller voir ailleurs. Ou de réparer lui-même : une étude menée en 2011 par l’institut TNS Sofres pour le Gifam révèle que, face à une panne, 19% des Français réparent eux-mêmes ou le font faire par un proche.

Pour les accompagner, les fabricants ont installé l’an dernier deux ateliers d’auto-réparation à Limoges (Haute-Vienne) et Marsac-sur-L’Isle (Dordogne). A l’instar des self-garages ou des repair cafés, le particulier y amène son appareil en panne et le répare lui-même grâce aux outils mis à sa disposition. Lors de l’ouverture de l’atelier de Limoges, en juin dernier, le quotidien régional Le Populaire rapportait le cas d’un retraité à qui on proposait un devis de 300 euros de réparation… contre 150 euros (pièces comprises) s’il venait réparer lui-même à l’atelier. Quel intérêt pour les fabricants ? « Sur un marché ultra-concurrentiel, c’est de faire revenir le consommateur dans sa marque lorsqu’il change d’appareil, explique la déléguée générale du Gifam, Camille Beurdeley. On sait qu’elle a des risques de le perdre s’il ne trouve pas de solution face à une panne. »

La durée moyenne d’utilisation d’un gros appareil électroménager est de onze ans. « Il est âgé, en général, de huit ans et demi quand il tombe en panne » pour la première fois, précise-t-on du côté du Gifam, pour qui « sur des produits techniques, il y aura toujours un risque de défaillance, qu’elle soit liée à un défaut de fabrication ou à leur utilisation ».

>> Lire aussi : pour l’Ademe, « il n’existe aucun exemple concret d’obsolescence programmée »

Pas de marché structuré de la pièce d’occasion

Autre piste, plus compliquée à suivre : créer, à destination des particuliers, un marché encadré pour les pièces détachées. Pour en obtenir, aujourd’hui, le plus simple est de passer par Ebay ou Le Bon Coin. Les fabricants, qui rappellent que  « réparer un appareil électronique n’est pas à la portée de tout le monde », ni sans danger, cherchent encore la solution. Problème, ils sont écartelés entre « un prix du produit fini qui ne cesse de décroître » et « un coût de la réparation qui ne cesse d’augmenter, en raison du coût de l’emploi et du déplacement ». Le montant moyen d’un devis est ainsi « de 129 euros, quand le prix moyen d’un gros appareil est de 334 euros », précise Camille Beurdeley.

La pièce, quant à elle, représente « entre 30% et 40% » du montant d’un devis. Moins chères que des pièces auto, elles nécessitent autant de contrôles de qualité et de sécurité. « Ce qui a aussi un coût » et complique encore les choses, prévient le Gifam, qui réfléchit aux pièces qui auraient un intérêt financier, pour le consommateur, à être proposées d’occasion.

La solution passe, peut-être, par un meilleur entretien des appareils par leur propriétaire. Selon les fabricants, « entre 60 et 70% des pannes sur les petits appareils sont dues à un manque d’entretien ».

Les associations de consommateurs sceptiques sur l’affichage de la disponibilité des pièces
En décembre 2014, un décret est venu préciser les conditions d’application d’une mesure de la loi Consommation, qui prévoit « que soit portée à la connaissance du consommateur la durée de disponibilité des pièces détachées essentielles aux biens qu’il achète ». Un an après son entrée en vigueur (mars 2015), l’UFC-Que Choisir rapportait les conclusions de deux études menées par des associations de consommateurs. Selon elles, aujourd’hui, seuls 60% des produits affichent réellement la disponibilité des pièces détachées. Le communiqué de presse précise que plusieurs associations demandent au gouvernement de modifier le décret. Objectif, selon l’UFC-Que Choisir : « Que cet affichage ait la portée que le législateur a souhaité lui donner : un outil de lutte contre l’obsolescence programmée et de soutien au secteur de la réparation. » Affaire à suivre.

Benjamin Hay - © Andrey Popov - Fotolia.com

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