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Gagner de l’argent en faisant ses courses

Moyennant quelques euros, plusieurs applications mobiles proposent, pour le compte de marques, de prendre en photo leurs produits dans les rayons pour s’assurer de leur bon placement ou de l’exactitude de leur prix. Une mine d’informations pour les uns et, si leur emploi du temps le permet, un peu d’argent pour les autres.

Dans le sud-ouest de la France, depuis trois mois, les journées de Jocelyne ne ressemblent plus tout à fait à celles d’une retraitée « classique ». A 60 ans, elle consacre la moitié de sa semaine, smartphone en main, à prendre des photos dans les rayons : vérification du prix, du placement d’un produit ou présence d’une promotion. Des informations qu’elle envoie sur une application mobile qui la rétribue par virement bancaire de quelques euros (trois à cinq, en moyenne). « Je fais mes courses et je remplis des missions en même temps, explique cette veuve qui touche 1 000 euros de retraite mensuelle. J’ai le temps et je suis bien contente d’avoir des sous en plus. » Bénéfice moyen pour elle, « environ 250 euros par mois ».

Damien Sacchi connaît bien le concept. Il dirige la société Bpeek, créée l’an dernier et dont l’application compte environ 60 000 utilisateurs. Au demeurant, ce sont les marques -de produits alimentaires, de lessive…- qui en profitent le plus. « Elles ont besoin de vérifier ce qui se passe en plusieurs lieux au même moment, rapporte-t-il. Il leur faut aussi comprendre quel est le parcours du consommateur avec le produit. »

Bpeek propose aussi de répondre à des questionnaires sur un produit que l’on vient d’acheter, sans bouger de son canapé, moyennant trente centimes à un euro. Au total, ces applications proposent environ 500 missions par semaine, partout en France. Une fois sa position géographique déterminée, l’utilisateur se voit proposer des missions à proximité, avec généralement vingt-quatre à quarante-huit heures pour les réaliser.

Prêts à aller loin

Pour chaque mission, c’est le premier à l’avoir acceptée qui s’y colle, ses photos faisant office de preuves de l’authenticité de ses informations. « Il arrive que certains prennent en photo l’écran de leur ordinateur. Mais on le détecte et, en général, ils ne recommencent pas », assure Damien Sacchi. Le temps libre est l’unique condition pour espérer gagner un peu d’argent.

Sur Tcheck’it, une application du même type, « l’utilisateur le plus jeune a 18 ans, le plus âgé approche les 70 ans », rapporte Benoit Viel, son co-fondateur, qui revendique environ 50 000 « chercheurs de missions ». Lesquels, pour les plus motivés, sont capables d’aller plus loin que le magasin du bout de la rue. « Je me suis rendu compte qu’en faisant 50 à 70 kilomètres, j’amortissais le coût de l’essence, confie Jocelyne. J’adore le shopping et ça m’incite à aller dans des magasins que je n’aurai pas visité en temps normal. »

Tcheck’it comme Bpeek voient le nombre de leurs utilisateurs grimper doucement mais sûrement. Un succès que Damien Sacchi n’attribue pas qu’à l’appât du gain, « mais aussi au souhait d’être acteur, de donner son avis et de partager des informations ». L’idée marche si bien, aux yeux de ses tenants, que les ambitions sont légion. Du coté de Tcheck’it, on espère « atteindre les 100 000 utilisateurs d’ici la fin de l’année », quand Bpeek propose désormais le même système… pour les usagers de l’autoroute. Lesquels pourront gagner de quatre à douze euros en témoignant de l’état des aires de repos et de service, sur la partie de l’A7 au sud de Valence (Drôme) dans un premier temps. Avis aux amateurs.

Benjamin Hay

© nikkytok

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