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Grand écart sur le prix des abonnements en Ligue 1

La première journée de championnat de France de Ligue 1 approche. Les campagnes d’abonnement, débutées il y a quelques semaines, laissent apparaître des différences de prix allant du simple à plus du double entre les clubs.

L’arbre qui cache la forêt ? Le Paris-Saint-Germain a fait grand bruit en annonçant, au printemps, l’augmentation de 30% du prix de ses abonnements pour la saison 2014-2015. Ailleurs, les tarifs n’ont pas -ou très peu- augmenté pour cette campagne. Une bonne nouvelle pour le supporter, dont le porte-monnaie a dû prendre en compte une inflation de 0.5% sur un an en juin 2014, selon l’Insee. Certains n’hésitent pas à afficher cette stabilité des prix, comme à Lille, où l’on revendique une troisième saison sans augmentation des abonnements.

A Caen, promu cette année, « les tarifs ont baissé par rapport à notre dernière saison en Ligue 1, en 2011-2012 », assure-t-on du coté du club. Une baisse de 3.2%. « Les clubs ne prennent pas de risques, car le taux de remplissage est une vraie problématique pour eux, explique Lionel Maltese, économiste du sport, spécialiste de la question des stades*. Les entreprises cherchent le contact avec le public dans le stade. Or elles risquent de se désintéresser des clubs s’ils augmentent leurs prix. » Les vingt clubs de L1 ont regroupé l’an dernier près de 240 000 abonnés (+9.1%), pour un taux de remplissage des enceintes de 72.2% (+1.6%).

==> Sur ce thème : Le business de l’OM à l’épreuve du terrain

Paramètres multiples

Les tarifs -même préférentiels**- sont fixés par les clubs et varient parfois sensiblement entre eux (infographie ci-dessous). Ce que Lionel Maltese explique « par la zone de chalandise, le coût du stade, mais aussi la notoriété de la marque. Rentre aussi en compte l’offre culturelle et événementielle des villes : à Montpellier ou Toulouse, il y a d’autres sports majeurs ».

Se greffent aussi des considérations d’ordre social. A l’heure où les ménages arbitrent dans leurs dépenses, « il est logique de voir des villes qui financent les clubs ne pas vouloir qu’ils pratiquent des prix trop élevés », poursuit le spécialiste. L’abonnement restant, incontestablement, très avantageux pour les plus fidèles : à Rennes, par exemple, un abonné plein tarif économise au minimum 99 euros à l’année par rapport au prix de sa place achetée avant chaque match***. Les clubs l’ont compris et sont nombreux à le rappeler sur la page dédiée aux (ré)abonnements.

Prime à la fidélité

Quasiment tous les clubs font un effort sur les tarifs des abonnements envers les plus jeunes, les personnes handicapées, les chômeurs voire les seniors et les familles. Beaucoup proposent des paiements en plusieurs fois sans frais. « La population à faible pouvoir d’achat à du mal à être exposée au foot car il n’est diffusé que sur des chaînes payantes, explique Lionel Maltese. Or la performance des clubs est liée à la diversité des cibles présentes dans le stade, qui amène une diversité de sponsors, de médias. »

L’incontournable reste le tarif dégressif envers l’abonné de la saison passée (de 5 à 20% de réduction, globalement). Seuls sept clubs, en revanche, proposent des tarifs étudiants sur leurs abonnements. « Un paradoxe en France, car les étudiants ont certes un faible pouvoir d’achat, mais ils sont nombreux et ont un temps libre intéressant », selon Lionel Maltese. Quelques clubs proposent enfin des abonnements à tarif réduit pour les femmes (Lorient, Nice), le conjoint (-50% à Bordeaux) voire le couple (Evian notamment).

L’an dernier, 7,9 millions de personnes se sont déplacées sur les stades de première division.

Benjamin Hay

==> Lire aussi : L’album Panini, inamovible au fil des saisons

*”Marketing du sport et événementiel sportif”, éditions Dunod, 224 pages

**articles 529 et 530 des règlements LFP

***soit 395 euros au lieu de 494 euros (26 euros x 19 rencontres, hors coupes) pour une place en tribune “Super U” latérale haute, rang 37, siège 2, libre au 10/07/2014

Illustration Wikimedia Commons/Liondartois

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