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Il se raccroche à ses parents, appelez-le Tarzan

De plus en plus de jeunes actifs sont obligés de retourner vivre chez leurs parents ne pouvant assumer seuls un loyer. On dit alors d’eux qu’ils se raccrochent à leurs parents comme Tarzan s’accroche aux lianes, bien loin de l’image de fainéants qui colle à la peau des trentenaires toujours chez papa-maman. Rencontre.

Célèbres depuis le début des années 2000 et le film d’Etienne Chatiliez, les Tanguys ne sont aujourd’hui plus dans l’air du temps. On parle davantage aujourd’hui de Tarzan. Ces jeunes, souvent trentenaires, obligés de revenir habiter chez leurs parents pour raison financière. Pour eux, le logement familial devient alors une liane à laquelle il s’accroche comme le plus connu des hommes de la jungle. Quatre cent quinze mille adultes vivent à nouveau chez leurs parents.

Selon l’Insee, ce sont souvent de sales coups du sort qui les poussent à s’y réfugier : 33 % s’y trouvent contraints après une rupture, 25 % par le chômage et 12 % à cause de difficultés financières, essentiellement des salaires trop peu élevés pour pouvoir payer un loyer dans les grandes agglomérations.

==> Lire aussi : Séparés, ils sont contraints de retourner vivre avec leur ex

415 000 adultes vivent à nouveau chez leurs parents

Clément a 31 ans. Depuis peu au chômage il est revenu habiter chez ses parents : « Je ne pouvais plus assumer seul mon loyer sur Paris. Mes parents m’ont accueilli avec plaisir, mais c’est vrai que j’ai hésité à sauter le pas parce que j’étais fier d’être parti il y a quelques années quand j’ai commencé à travailler alors revenir laisse quand même un sentiment d’échec ». Ce retour ne va en effet pas de soi et cette nouvelle cohabitation n’est pas sans complications. « C’est sûr que ce n’est pas évident. Chacun s’est habitué à vivre en autonomie, mes parents comme moi. Eux se sentent un peu envahis et obligés parfois de s’adapter à ma présence » détaille-t-il.

« Revenir laisse quand même un sentiment d’échec »

Tous ne vivent pas de la même manière ce retour. Certains s’en satisfont et s’il est facile d’y voir alors un phénomène de régression, ils en profitent surtout pour se lancer dans de nouveaux projets sans courir un réel danger financier. D’autres ont peut-être plus de mal et ne vivent pas forcément bien de devoir à nouveau rendre des comptes. Pour Clément, l’un des moyens d’apaiser cette situation a été de « participer plus activement aux tâches collectives de la maison. Je vais faire les courses, parfois je prépare le repas… Je me sens moins dépendant de mes parents et eux ne voient du coup pas ma présence comme un poids ».

En France, ce retour des 25 à 34 ans est passé de 8 % à près de 12 % entre 2006 et 2011

« Le plus compliqué c’est pour la vie sociale. C’est difficile d’inviter mes amis chez moi. Je ne veux pas les imposer à mes parents. Et, je trouve aussi délicat d’expliquer cette situation à une fille que l’on vient de rencontrer sans passer pour un vieux garçon ou un fils à maman », conclut Clément. Une situation qu’il juge finalement : « Pas si mal… si elle ne dure pas trop longtemps ». Pour l’instant, cela fait trois mois, mais malgré plusieurs entretiens d’embauche, toujours pas de travail en vue. En France, ce retour au bercail des 25 à 34 ans est passé de 8 % à près de 12 % entre 2006 et 2011, selon Eurostat.

Julien Auduc

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