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Ils ont adopté le covoiturage

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C’est le succès de l’année 2014. Le covoiturage devient un mode de transport comme un autre pour de plus en plus de Français. Pour économiser bien sûr, mais pas seulement. Des habitués témoignent.

« Je covoiture depuis plusieurs années, et ce avant que le principal site BlaBlaCar ne se développe. Le coût du train était devenu trop lourd. Comme je descends tous les week-end ou presque, c’est avantageux », raconte Jean-Marc, 58 ans.

Saumurois de naissance, il est monté sur Paris il y a une trentaine d’année pour travailler, mais il n’a jamais renoncé aux plaisirs des week-ends et vacances dans l’Anjou. Sa compagne y réside et il y a acheté une maison.

Et quand un aller-retour Paris-Saumur vaut plus de 100€ en TGV et Ter, en covoiturage ce trajet revient à moins de 50€.

La raison économique, la majorité des covoitureurs l’évoque. A 30 ans, Aurélien, cherche un emploi depuis un an dans la recherche universitaire en économie, à Paris. Et pour visiter chaque mois sa famille restée en Charente-Maritime, il n’a pas d’autre choix que de covoiturer. « Je ne regarde même pas les billets de train », précise-t-il.

« Mes deux enfants se sont respectivement installés à Marseille et à Perpignan et je m’y déplace une à deux fois par mois pour les voir ou garder mes petits-enfants. Sans le covoiturage, cela aurait été impossible », explique, quant à elle Bernadette, montpelliéraine de 54 ans.

Covoiturer, un état d’esprit ?

Mais si l’argument financier les a souvent poussés au covoiturage, ils vantent tous l’immense convivialité qui règne dans une voiture partagée.

« Le covoiturage permet de découvrir plusieurs horizons, des métiers, des études, d’entendre parler de voyages. Cela m’enrichit énormément », poursuit Bernadette.

« Dans le train aujourd’hui, chacun fait son trajet de son côté, collé à sa tablette, son portable ou son ordinateur. La voiture est l’endroit où on peut retrouver une forme d’intimité et communiquer simplement », argue Dominique, moine bouddhiste passant 6 mois de l’année en Inde, et six autres entre Saint-Mars-d’Outillé dans la Sarthe et Paris.

Partager plus que posséder ?

Et le nombre d’adeptes du covoiturage croît. Ils étaient 3 millions à dire le pratiquer en France, en 2012, selon le ministère de Développement durable. Un succès qui interroge sur l’évolution du rapport à la voiture. La multiplication des covoitureurs, passagers comme conducteurs, pourrait-elle coïncider avec l’abandon de l’auto individuelle ?

Aurélien n’y pense pas en ces termes. « Je suis surtout pragmatique, avance-t-il. Et avoir une voiture ne sert pas à grand-chose quand on habite à Paris. C’est utile lorsqu’on ne vit pas dans une grande ville et que l’offre de transports en commun n’est pas aussi importante que dans la capitale ».

De son côté, Jean-Marc  est favorable à « l’idée d’un étiquette à coller sur les véhicules, qui dise « je suis covoitureur » pour bien montrer qu’on est 3 ou 4 dans la voiture ».

Une sensibilité écologique qui anime également Dominique : « c’est une formule très satisfaisante au quotidien de partager les choses. Les ressources de la planète ne sont pas suffisantes pour nous satisfaire tous individuellement. On ne peut pas tout posséder », assure-t-il.

Fanny Costes

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