Un site d'information
proposé par
Habitat

Le home staging, en vrai, comment ça marche ?

home staging

Popularisé par les émissions télévisées, le home staging peut-être un bon moyen pour accélérer voire débloquer la vente de votre logement.

Interrogez vos proches, vos collègues de bureau. Nombre d’entre eux vous diront que « oui », ils voient bien ce qu’est le home staging. Cette pratique, arrivée en France il y a une dizaine d’années, consiste à valoriser un bien immobilier, dans le but de « mieux le vendre ».

Certes. Mais c’est quoi, « mieux vendre » ? Que doit-on attendre du home staging ? Et, tout simplement, combien ça coûte et combien de temps ça prend ?

TLB est allé en savoir plus auprès d’Alexia Rhodier, décoratrice d’intérieur, home stager et chroniqueuse déco. Si l’image véhiculée à la télévision n’est pas fausse, la réalité, tout de même, s’avère un peu différente.

Touslesbudgets.com : En quoi consiste le travail du home stager ?

Alexia Rhodier : Il s’agit de valorisation immobilière. On présente un bien sous son meilleur jour pour mieux le vendre, pas forcément plus cher mais plus vite. On a un cahier des charges très précis pour aménager un bien de sorte à ce qu’il puisse plaire au plus grand nombre.

TLB : A quel moment faut-il faire appel à lui ?

A.R. : Dans l’idéal, avant la mise en vente, de sorte à voir si le bien est présentable. Le propriétaire n’as pas toujours le recul nécessaire pour s’en rendre compte. Et il est délicat pour l’agent immobilier de lui donner des conseils. Il n’est pas là pour donner des idées déco.

En revanche, nous avons régulièrement des agents immobiliers qui nous appellent pour que l’on propose un diagnostic à leurs clients, ou qui nous recommandent auprès d’eux avant la vente, lorsque le bien leur paraît « limite ».

TLB : On vient donc vers vous. Que se passe-t-il ?

A.R. : Nous commençons par faire un diagnostic, qui est un état des lieux de chaque recoin du logement, des murs au sol. Ce qui va plus vite si l’appartement est vide, où l’on voit tout de suite ce qui ne va pas. Cela va de la robinetterie à la sonnette, si elle fonctionne ou pas. Tous les endroits sur lesquels le regard de l’acheteur potentiel va se porter.

Ce qui semble être anodin ne doit pas être sujet à négociation. Une prise qui ne fonctionne pas, c’est un problème.

TLB : Et lorsque le logement est occupé ?

A.R. : Quand il est meublé, il y a souvent un travail de « désencombrement ». Les gens entassent. Une entrée avec aux murs les photos des enfants quand ils avaient cinq ou six ans, c’est gênant pour des gens qui visitent sans enfant. On enlève tout ce qui est trop personnel, sinon le visiteur aura du mal à faire abstraction et à penser ses meubles au bon endroit. Car il visite en ayant en tête ses meubles et la déco qu’il a envie d’avoir.

TLB : Une fois le diagnostic fait, que se passe-t-il ?

A.R. : Certains vont s’arrêter là. Nous ne sommes alors venus que pour donner des conseils gratuits. Le diagnostic détaillé, lui, est payant, 390 euros pour un appartement jusqu’à 80 mètres carrés. Ca peut aller jusqu’à 500 euros en fonction de la taille et si le logement est meublé.

Si le vendeur est d’accord, nous lui fournissons un rapport pièce par pièce, une sorte de guide pratique de plusieurs pages.  Environ un tiers des gens stoppent ici. Les deux autres tiers vont plus loin, souvent par manque de temps pour faire eux-mêmes. On leur fait alors un devis, dont le montant varie en fonction de l’ameublement de l’appartement.

« Pas vendre plus cher, mais vendre plus vite et sans négociation »

TLB : Qu’-a-t’il dans ce devis ?

A.R. : Cela va de simples conseils de déco avec des explications à la plomberie ou la peinture. Dans tous les cas, il ne s’agit pas de rénovation totale. Le home staging n’a pas d’intérêt ici dans la mesure où il y a une clientèle pour ce type de biens où tout est à refaire. C’est de la mise en valeur, pas de gros travaux.

TLB : Combien ça coûte, finalement, le home staging ?

A.R. : On calcule à partir d’un prix moyen au mètre carré, qui est d’environ 59 euros. A Paris, le forfait tout compris (de la peinture des murs au rachat de meubles) tourne autour de 5 000 euros pour 80m².

TLB : Ais-je mon mot à dire sur vos choix ?

A.R. : Bien sûr et on ne fait rien sans leur annoncer, mais les gens qui font appel à notre expertise n’interviennent généralement pas. On le fait pour vendre, pas pour que ça leur plaise à eux.

Mais si je dois racheter une table basse, ils vont pouvoir l’utiliser pour leur futur appartement. C’est de la mise en scène, comme un appartement témoin.

TLB : Quel impact attendre sur la vente ?

A.R. : A mon niveau, 100% des biens ont été vendus. On ne parle pas tant de vendre plus cher mais de vendre plus vite et au bon prix, sans négociation. C’est d’ailleurs pour ça que l’on m’appelle beaucoup, pour débloquer une vente.

TLB : Combien de temps ça dure ?

A.R. : L’intervention dure un à deux jours sur place. Entre la prise de décision et la fin, on peut compter dix jours, le temps de réceptionner les meubles. Nous travaillons dans la journée. Ce n’est pas du gros oeuvre, souvent les gens habitent encore les lieux.

TLB : Quelques conseils pour finir ?

A.R. : Faites le tri. On sait qu’on doit le faire, mais on ne le fait pas. Quand on déménage, on ne doit pas tout garder.

Ensuite, repérer toutes les petites choses qui ne semblent pas importantes, qui pourraient donner au visiteur l’impression de quelque chose de « pas net ».

Enfin privilégier les couleurs neutres, éviter les gros motifs et ne pas garder visibles les choses trop personnelles, comme les photos. Il ne faut pas que l’on visite un magasin.

C’est l’exemple d’Ikea : ils mettent en scène un logement sans objets personnels, mais on a quand même l’impression d’être chez quelqu’un.

Propos recueillis par Benjamin Hay - © alexandre zveiger - Fotolia.com

Vous aimerez aussi

Vers une maison toujours plus high-tech

Touslesbudgets fait le point sur une offre qui ne cesse de se développer, au détour des allées du dernier CES, à Las Vegas.

Les Français se chauffent mieux, mais plus cher

La facture de chauffage des Français a atteint, en moyenne, plus de 1 600 euros en 2016. Soit 21 € de plus que l’année précédente.

Ils l'ont dit sur tous les budgets
Entre 60 et 70% des pannes sur les petits appareils sont dues à un manque d’entretien

Camille Beurdeley, déléguée générale du Groupement Interprofessionnel des fabricants d'appareils d'équipement ménager

L'habitat connecté, c'est en permanence de l'innovation, il faut faire le tri

François-Xavier Jeuland, président de la Fédération française de domotique

Le marché automobile retrouve ses niveaux d'avant la crise

Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem

Les jeunes ont compris que la thalasso, ce ne sont plus des sommes faramineuses

Philippe Gomez, président du syndicat national de la thalassothérapie

Le sushi n’est pas devenu un produit de masse et ne le deviendra pas

Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira Conseil