Un site d'information
proposé par
Education

« Le souhait de l’enfant est un critère d’achat »

achat

Le Baromètre Approuvé par les familles 2017 met en lumière le rôle grandissant des enfants dans la décision d’achat de leurs parents.

Les enfants de 6 à 12 ans, nouveaux acteurs de la consommation familiale. C’est ce qui ressort, notamment, du Baromètre Approuvé par les familles 2017, dévoilé chaque année depuis trois ans par le label du même nom (APLF).

On y apprend que l’épanouissement de l’enfant est la priorité numéro un des parents, « une priorité qui trouve sa traduction dans le temps passé et les activités réalisées avec les enfants ainsi que les dépenses réalisées pour la famille », précise APLF.

En moyenne l’an dernier, le « budget enfant » s’est ainsi élevé à 800 euros, par enfant, pour plus d’un parent sur deux. Un peu plus de la moitié (410 euros) se concentrant sur les dépenses en vêtements et chaussures, en jeux/jouets et loisirs créatifs et en activités et sorties (hors vacances) en famille. Sur ces postes, les enfants « participent à la décision d’achat dans huit cas sur dix ».

Nous avons demandé à Isabelle Cussac-Mazarguil, fondatrice du label Approuvé par les familles, de nous éclairer sur le rôle de la consommation au sein du binôme parents-enfants.

Touslesbudgets.com : Quelle est, aujourd’hui, la place de la consommation dans les relations parents-enfants ?

Isabelle Cussac-Mazarguil : Elle joue un rôle de médiateur, mais c’est aussi un objet d’éducation. En tant que parents, on va apprendre aux enfants à consommer et les enfants vont participer aux actes d’achats courants de la famille.

TLB : Le rôle de l’enfant dans ce processus d’achat a-t-il changé ?

I.C.-M. : Même s’il reste cantonné à la place que ses parents veulent bien lui assigner, c’est désormais un acteur de la consommation et plus seulement un prescripteur un peu agressif auquel les parents finissaient par céder.

Le souhait de l’enfant est, aujourd’hui, un critère d’achat, au même titre que la qualité, le prix ou la marque.

TLB : Comment en est-on arrivés à ce schéma ?

I.C.-M. : On a pris conscience que faire d’un enfant un « bon consommateur » était aussi important que d’en faire un « bon citoyen ». La consommation fait partie de la vie courante, les enfants y sont exposés tous les jours. Les co-responsabiliser, leur apprendre à consommer, cela fait désormais partie du rôle des parents.

TLB : Le temps de courses est-il vraiment devenu, comme vous le dites, un « moment d’échange familial » ?

I.C.-M. : Le temps de courses que l’on a surement tous connu dans notre enfance est derrière nous. C’était celui où les enfants réclamaient et les parents n’étaient pas d’accord, où tout le monde était épuisé après deux heures de courses.

Aujourd’hui, il est vraiment vécu comme un moment d’éducation. On y compare les prix, on doit argumenter à propos de nos choix. C’est le moment -en quelque sorte- où l’on va conclure les deals. Sur l’alimentation -petit déjeuner et goûter-, on a quand même plus de 50% des parents qui déclarent faire un choix consensuel avec l’enfant.

>>> Lire aussi : Le prix du panier de courses « basiques » est resté stable en 2016

TLB : Sur les achats de quelles familles de produits les enfants sont-ils les plus impliqués ?

I.C.-M. : Sur ceux qui sont tournés vers le plaisir, comme les jeux et jouets, l’alimentation -petit déjeuner et goûter-, les sorties/loisirs en famille ou les achats culturels.

Les parents conservent la main, en revanche, sur l’alimentation -déjeuner/dîner- ou la santé/hygiène et les postes à très forte dépense (vacances, automobile…). Là, on estime que si les enfants sont capables de comprendre ce que valent 250 euros, ils le sont moins lorsqu’il s’agit de 10 000 ou 30 000 euros.

TLB : Comment ce schéma va-t-il évoluer ces prochaines années ?

I.C.-M. : Certainement de telle manière à ce que le souhait de l’enfant soit de plus en plus rationalisé. Comme il sera toujours plus « éduqué » à la consommation, il intégrera lui-même des notions de qualité et de valeurs. On verra alors peut-être encore davantage s’entrechoquer -ou s’additionner- les critères qualité/prix/marque des parents et ceux de leurs enfants.

Benjamin Hay - © highwaystarz - Fotolia.com

Vous aimerez aussi

Faire garder son enfant, combien ça coûte ?

Tant que le petit n’a pas fait sa rentrée à la maternelle, il faut pouvoir le faire garder. Voici la liste et les prix des différents modes de garde.

4 800 euros de courses par an pour les parents d’un bébé

Une somme qui les oblige à changer leurs propres habitudes de consommation.

Ils l'ont dit sur tous les budgets
Entre 60 et 70% des pannes sur les petits appareils sont dues à un manque d’entretien

Camille Beurdeley, déléguée générale du Groupement Interprofessionnel des fabricants d'appareils d'équipement ménager

L'habitat connecté, c'est en permanence de l'innovation, il faut faire le tri

François-Xavier Jeuland, président de la Fédération française de domotique

Le marché automobile retrouve ses niveaux d'avant la crise

Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem

Les jeunes ont compris que la thalasso, ce ne sont plus des sommes faramineuses

Philippe Gomez, président du syndicat national de la thalassothérapie

Le sushi n’est pas devenu un produit de masse et ne le deviendra pas

Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira Conseil