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Soutien scolaire : quelles solutions et à quels prix ?

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Angoissés par la perspective de l’échec de leurs enfants, de nombreux parents sont prêts à mettre la main à la poche. Ont-ils raison de dépenser en moyenne 1 500 € par an et par enfant pour des cours particuliers, face aux offres gratuites sur Internet ?

Aujourd’hui, le soutien scolaire français est un marché de masse, le premier en Europe, avec environ 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel et plus de 40 millions d’heures de cours dispensées à 1 million d’élèves*, sans compter les heures payées de la main à la main, qui représenteraient encore le gros du marché. Environ un collégien sur trois et un lycéen sur cinq en bénéficieraient actuellement.

Angoisse parentale

Un phénomène qui traduit d’abord une angoisse parentale : celle de voir son enfant échouer au point de compromettre son avenir dans un monde de plus en plus concurrentiel. On compte aujourd’hui environ 120 acteurs sur le marché pour 300 entreprises en tout -recensées par le cabinet Xerfi Research en mai 2016-. Une jungle où les parents ont le plus grand mal à identifier l’offre adaptée à leurs besoins. Voire à identifier leurs besoins eux-mêmes.

Le choix est d’autant plus difficile qu’Internet a fait émerger une nouvelle offre, depuis le simple programme de travail et de révisions que l’on déniche gratuitement sur la toile jusqu’au cours particulier payant, avec un vrai prof en direct de l’autre côté de l’écran.

Depuis trois ou quatre ans, les leaders du soutien scolaire privé n’échappent pas à « l’ubérisation » et voient leurs parts de marché menacées par ces nouveaux venus, y compris les plateformes de mise en relation entre particuliers et enseignants.

« On ne guérit que si l’on paie »

Et les élèves dans tout ça ? «  Les cours de soutien, c’est comme la psychanalyse : on ne guérit que si l’on paie », assure Jean-Paul Brighelli, professeur de lettres et auteur, en 2005, de La Fabrique du crétin (éditions Gawsewitch), un ouvrage qui dénonçait l’affaiblissement, selon lui, du système éducatif français.

Pour lui, il convient d’emblée « de bien évaluer les besoins » de l’enfant. « Si c’est un besoin structurel, c’est-à-dire que l’enfant souffre d’un manque d’apprentissages de départ, un instituteur à la retraite armé de patience fera très bien l’affaire, détaille l’enseignant. S’il s’agit d’un besoin ponctuel (faiblesse dans une matière ou objectif d’accrocher une mention au bac), un bon prof en cours particulier sera là aussi la bonne indication. » Quant aux cours en ligne, « ils ne conviennent pas à des élèves les plus jeunes ou très en retard », estime Jean-Paul Brighelli, pour qui ils n’empêchent pas l’élève « de jouer à la console ou de se concentrer sur son smartphone plutôt que sur le cours ».

« Le choix de l‘enseignant est très important », prévient-il, lui qui conseille de prendre plutôt un vrai prof ou un étudiant en classe prépa, a priori les plus compétents pour déterminer les véritables besoins de l’élève. « En toute hypothèse, poursuit-il, il faut toujours en parler au prof principal ou à l’instit. Lui saura mieux que personne de quoi le gosse concerné a besoin. » Seul cas de figure où gratuité ne rime pas forcément avec médiocrité, les offres publiques ou associatives et certaines plateformes à vocation sociale, qui dispensent parfois des cours d’excellent niveau.

Les différentes offres

Les prestataires privés : avec des tarifs compris entre 40 et 65€ l’heure de cours, ces prestataires délivrent un service dont il est souvent difficile d’estimer le rapport  qualité/prix. Tous ou presque demandent des frais d’inscription (entre 50 et 100€, mais parfois valable pour toute la famille) et certains facturent en sus des abonnements (29€/mois pour Acadomia). A étudier sous toutes les coutures avant de signer.

Les enseignants à domicile : instits à la retraite, enseignants en activité ou étudiants sont nombreux à se proposer d’aider votre enfant, pour un tarif compris entre 15 et 30€ de l’heure. Pour des cours plus pointus, par exemple pour un étudiant préparant les concours des grandes écoles, comptez jusqu’à deux fois plus cher. Les heures réglées par chèque emploi service peuvent faire l’objet (depuis 2005) d’une déduction fiscale ou d’un crédit d’impôt équivalent à 50% du prix de l’heure de cours. Selon le Centre d’analyses stratégiques, près de 9 heures de cours sur 10 étaient encore payées « au noir » en 2013.

Les plateformes internet : Associations, groupes de parents et enseignants sont de plus en plus nombreux à proposer des solutions de soutien scolaire en ligne, gratuites ou très peu chères, à destination des publics qui ne peuvent pas payer des cours à leurs enfants. Ainsi, entraidescolaireamicale.org, une association créée en 1969 et qui revendique 3 160 bénévoles pour 3 600 enfants soutenus dans toute la France, contre une participation annuelle de 30€. Idem du côté de l’association de la fondation étudiante pour la ville (afev.org), qui envoie un étudiant bénévole à domicile, de centres-sociaux.fr ou de uniscite.org.

*selon le Centre d’analyse stratégique (qui dépend du Premier ministre) dans une note rédigée en 2013.

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