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Le train, leur pain quotidien

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Chaque jour, plus de 300 000 personnes -tous moyens de transport confondus- font l’aller-retour entre leur résidence en Province et leur travail en Île-de-France. Celui de Sébastien François représente plus de 400 kilomètres, qu’il parcourt quotidiennement depuis sept ans, entre choix de vie et arbitrage financier.

Habitués à être questionnés sur leur journée-type, les « navetteurs », comme on les appelle, la racontent d’une traite. « Je me lève à 5h30, je prends l’un des premiers trains à 6h43 ou 7h17 pour arriver vers 9 heures à Paris. Ensuite, j’ai 20 minutes de RER et de métro pour rejoindre mon bureau près des Champs-Élysées. Le soir, je quitte mon travail vers 18h10 pour un train à 18h52 et j’arrive chez moi vers 20h30 ». Voilà à quoi ressemble, cinq jours par semaine, la vie de Sébastien François depuis la fin de l’année 2006. Cet habitant de Béthune (Pas-de-Calais), DRH dans la capitale, compte parmi les quelque 1 400 « navetteurs » du Nord-Pas-de-Calais (environ 800 sur l’axe Paris-Lille et 600 sur Paris-Arras-Lille-Béthune).

En 2012, l’Insee recensait ainsi 313 200 personnes effectuant chaque jour le trajet entre leur résidence en province hors bassin parisien (92 100 travailleurs), le bassin parisien hors Ile-de-France (221 100) et Paris et sa région. Une proportion qui a légèrement augmenté depuis 1999 (+0.6%) et qui représente 5.7% de l’emploi francilien.

Les raisons qui poussent ces salariés à franchir le pas sont souvent les mêmes. « Ici, il n’y a pas d’emploi correspondant à mon travail, mais ma compagne est originaire du Pas-de-Calais, et la qualité de vie est meilleure ici », explique Sébastien François, lui le Marseillais qui se définit comme « un éternel voyageur ». Il a pesé le pour et le contre. Un peu moins de trois heures de trajet quotidien contre un emploi et un salaire plus élevé (4 000 euros net).

Indemnisé comme tout le monde

Il lui a pourtant fallu du temps avant d’y trouver -en partie- son compte. « Quand j’ai commencé à faire le trajet régulièrement, l’abonnement, la réservation et le déplacement en voiture représentaient plus du tiers de mon salaire, se souvient M.François, devenu président du Collectif des usagers des transports ferroviaires du Nord-Pas-de-Calais (500 membres). Aujourd’hui, heureusement, j’ai un salaire plus gros et la législation a changé ».

La loi en question, c’est la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009, qui enjoint à l’employeur de rembourser 50% des frais de transport du salarié entre son travail et son lieu de résidence, même si celui-ci est situé dans une autre région. Il ne reste ainsi à notre DRH « que » 250 euros par mois à payer pour son abonnement TGV annuel (6 288 euros plein tarif). Un prix qui comprend tout, même les frais de réservation (tarifées à 1,5 euro dans le cadre d’un carte « fréquence »).

La somme « reste énorme » pour ce père d’une petite fille, qui sait bien qu’avec un loyer de 980 euros mensuels pour une maison de quatre chambres, « à Paris ou en banlieue, [il] aurai[t] droit péniblement à un appartement ». Il a aussi pris en compte « le prix de la nourriture, qui grimpe très vite » dans la capitale. Depuis sept ans, Sébastien François constate « un nombre de TGV en baisse » pour un nombre d’usagers quotidiens « en hausse ». Visiblement, on lui demande souvent s’il en a marre. « Bien sûr que je me pose souvent la question d’arrêter, comme tous les navetteurs », précise-t-il. Certains membres de l’association font la navette depuis près de trente ans. Lui arrêterait « si [il] trouvai[t] un opportunité de travail équivalente » dans le nord de la France.

Benjamin Hay

©Wikimedia Commons-J.Iby

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