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Les « gros pleins » de courses moins fréquents

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Les grosses courses du mois ont moins la cote depuis une dizaine d’années. C’est ce qui ressort d’une étude où l’on apprend que les Français fractionnent leurs achats, qu’ils effectuent dans des types de magasins plus variés.

Chaque début de mois, il refait son apparition à la caisse des supermarchés. Un rituel dans notre consommation, ce « gros plein » de courses, où le chariot est rempli avec ce qu’il faut pour tenir des semaines sans retourner au magasin. Mais un rituel plus rare depuis une dizaine d’années, selon une étude menée par le cabinet Kantar Worldpanel : les grosses courses représentaient 20.3% de nos passages en caisse l’an dernier, contre 23 % en 2005.

Des courses moins chères, mais plus régulières

« Les Français ont tendance à fractionner leurs achats, avec des paniers qui rétrécissent au fil des années », détaille Frédéric Valette, responsable de l’étude. Ce qui ne signifie pas que l’on dépense moins : au contraire, « on observe depuis cinq à six ans une augmentation de la fréquence d’achat », ajoute l’expert. Moins de « gros pleins », pour plus de petites courses : les achats de « dépannage », s’ils ne pèsent que 8% de notre budget courses annuel, représentent tout de même près d’un achat sur trois. Le « gros plein », lui, c’est  5.5% de nos actes d’achat, pour 20% de nos dépenses par an.

Lire aussi : L’alimentaire, poids-lourd de nos dépenses

Il est difficile, confie-t-on chez Kantar, de percevoir les racines de cette tendance. Frédéric Valette avance ses hypothèses : « On sait d’une part que les hypermarchés, où l’on fait en général le plein de courses, sont moins fréquentés par les Français aujourd’hui. D’autre part, la population vieillit, les ménages sont plus petits, ce qui peut expliquer ces paniers plus petits. » A un détail près : « Les familles elles-mêmes font moins de gros pleins de courses », ajoute le responsable de l’étude. Laquelle rapporte que si les paniers sont plus petits en grandes surfaces, les arrêts chez les spécialistes (Picard, Naturalia…) se multiplient, dans l’optique de trouver des produits particuliers.La question du prix ne serait donc pas en cause, les supermarchés étant généralement la catégorie de magasin la moins chère.

Internet, le contre-exemple

La baisse légère mais constante des gros paniers d’achats n’est pas vraie partout. C’est l’autre enseignement de l’étude Kantar : « Ils baissent partout, sauf en drive« , expliquent ses auteurs. Le phénomène, débarqué en France il y a maintenant dix ans, aurait changé la donne. « On ne fait plus de gros pleins mais de gros coffres« , note Frédéric Valette. Ce qui confirme les propos d’Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution, qui expliquait à Touslesbudgets.com l’an dernier que le montant moyen du panier en drive atteignait le double de celui du passage en caisse (80 euros contre 40 euros). Sur Internet, rapporte Kantar Worldpanel, la part des paniers « gros pleins » et « pleins » atteint 60% des achats. Une situation que le panéliste attribue au souci des ménages d’éviter les dépenses imprévues dans les rayons. L’un des arguments forts du drive.

Lire aussi : Dix ans de drive, ça change quoi ?

Un gros plein à 112 euros
Une autre étude, menée cette fois-ci par le cabinet Nielsen fin 2015, soulignait aussi la perte de vitesse du « gros chariot » de courses. Elle rapporte que « le panier de plein a vu sa fréquence baisser de 5% en trois ans , alors qu’à l’opposé, celle des petites courses ciblées progresse de 42% ». Nielsen dresse également le portrait-robot de la « mission plein » : une plongée longue durée dans les rayons qui concerne 54% des foyers (70% pour les familles), onze fois par an, pour une dépense moyenne de 112 euros. A noter que pour Nielsen aussi, le drive est le lieu privilégié pour les grosses courses du mois : elles y représentent 39% des commandes, contre 27% en hypermarché (Auchan, Leclerc, Intermarché) et 19% en discount (Lidl).

 

*L’étude « Shopping mission » de Kantar Worldpanel entend par « gros plein » un chariot qui contient au moins vingt catégories différentes de produits, issus d’au moins quinze rayons dans le magasin.

Benjamin Hay - © Mari_art - Fotolia.com

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