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Les jeunes et l’argent : entre plaisir et rigueur

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Si les crises économiques ont changé nos modes de vie, elles ont aussi eu un effet sur le rapport qu’entretiennent les jeunes générations avec l’argent. C’est en tout cas l’un des enseignements du baromètre « Les Jeunes et l’Argent » 2016, réalisé par TNS Sofres.

Chloé Leita et Benjamine Canlorbe, les auteurs de l’étude, nous livrent leurs analyses.

Touslesbudgets.com : Comment a été menée cette étude ?

Chloé Leita : Nous réalisons ce baromètre depuis 2014, une fois par an. Il est mené auprès d’un échantillon représentatif de 1 004 personnes entre 16 et 24 ans.

TLB : Avez-vous pu constater des évolutions en trois ans ? Lesquelles ?

Benjamine Canlorbe : C’est compliqué d’observer des tendances de fond en si peu de temps. Mais il se dégage des constantes comme la place des parents et la montée en puissance régulière du digital dans les usages des jeunes, notamment auprès des banques.

C.L. : On constate aussi que les crises économiques ont créé un contexte de tension générale qui n’épargne pas les jeunes. Cette situation les conduit à être de plus en plus responsables dans leur façon de gérer l’argent. Leur perception de la richesse a également changé. En 2015, ils considéraient qu’on était riche avec un revenu mensuel moyen de 5 460 euros. En 2016, cette valeur est passée à 6 112 euros.

« Le poids des parents reste très fort »

TLB : Comment les jeunes perçoivent-ils l’argent ?

C.L. : Trois mots reviennent en tête des plus utilisés : plaisir, sécurité et réussite. Mais l’altruisme, à travers les notions de générosité et de partage, figure aussi en bonne place.

B.C. : Il est aussi intéressant de constater que ces notions varient selon le degré d’autonomie des individus. Un jeune qui paie son loyer aura tendance à utiliser plus souvent le terme « tracas » par rapport à un autre qui vit chez ses parents. Et la proportion s’inverse quand on parle de « plaisir ».

TLB : Quel(s) rôle(s) jouent les parents dans cette relation ?

C.L. : Ils sont les premiers interlocuteurs des jeunes, loin devant leurs amis ou le banquier. Ce sont aussi la première source d’aide financière, pour 41 % des jeunes.

B.C. : Sur ces deux indicateurs, la tendance est légèrement à la baisse, mais le poids des parents reste très fort. Quand il s’agit de parler d’argent, c’est toujours vers eux que les jeunes se retournent.

>> Lire aussi : Éducation : le rôle de plus en plus important des grands-parents

TLB : Avec le digital, le banquier est-il voué à disparaître ?

B.C. : Non, il reste celui à qui l’on s’adresse quand on se lance dans des opérations très engageantes : contracter un prêt, ouvrir un compte ou faire opposition par exemple. Et notre étude montre que 58% des jeunes ont envie de rencontrer leur banquier.

C.L. : Le digital joue un rôle plus important dans la gestion quotidienne du compte et amène les jeunes à être plus rigoureux. Au fond, ce sont surtout leurs exigences qui ont changé. Avec ces nouveaux outils, ils veulent que leur banque soit disponible 24h sur 24 et « multicanal », accessible en ligne comme au guichet.

Propos recueillis par Romain Carlioz - © pabijan - Fotolia.com

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