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L’hypermarché, un modèle qui a vécu

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L’hypermarché serait en voie de disparition, selon de nombreux observateurs. Ces très grandes surfaces, symboles autrefois du développement de la grande consommation, ont du mal à résister à l’arrivée de nouveaux canaux d’achat.

Les temps changent. Les « nouveaux modes de consommation », qu’il s’agisse d’économie du partage ou de commerce en ligne, ne cessent de gagner du terrain dans notre quotidien. Même les « gros pleins de courses » sont moins fréquents. Et tout cela rebat les cartes. En témoigne ces derniers temps la mort annoncée de l’hypermarché, cette grande surface XXL, pensée dans les années 1960, où l’on trouvait tout sous la même enseigne. De l’alimentaire et bien plus.

C’est justement ce « bien plus », le grain de sable. Ces télévisions et autres articles pour la maison que l’on achète désormais ailleurs. L’hypermarché, pas encore mort, doit se réinventer pour ne pas disparaître.

Olivier Dauvers, spécialiste de la consommation, nous en dit plus sur l’état de santé de l’hypermarché, ce grand malade qui semble être victime de l’évolution de nos -multiples- façons de faire nos achats.

Touslesbudgets.com : On dit l’hypermarché en passe de disparaître. La situation est-elle si alarmante ?

Olivier Dauvers : En réalité, l’évolution de son chiffre d’affaires et de ses parts de marché est stable. Sauf qu’après des décennies de croissance, on peut parler de déclin. Il est désormais acquis que l’hypermarché ne peut plus que reculer, notamment sur le non-alimentaire, comme les produits culturels ou pour la maison.

TLB : Comment l’explique-t-on ?

O.D. : On le doit, globalement, à trois phénomènes. D’abord, une forme de saturation : avec environ 2 000 hypermarchés en France, il fallait bien que cela s’arrête un jour. Ensuite, la concurrence des enseignes spécialisées -textile, bricolage…-, qui elles continuent d’ouvrir des magasins et qui sont plus « légitimes » aux yeux du consommateur.

Enfin une troisième explication, c’est le développement du e-commerce. Quand Amazon vend une télévision ou un livre, Carrefour ne la vend pas. Le e-commerce n’est qu’un facteur mais ont sait que, dans les années à venir, c’est celui qui sera le plus néfaste pour l’hypermarché.

TLB : Rien à voir avec les prix ?

O.D. : Historiquement, sur le non-alimentaire, l’hypermarché avait l’avantage du prix quand les enseignes spécialisées avaient l’avantage du choix. Au final, les deux réussissaient à cohabiter. Or le Web, désormais, cumule les deux avantages. Le choix y est illimité alors que dans l’hypermarché, on ne trouve que ce qu’il y rentre. Et sur de nombreuses catégories de produits, aujourd’hui, le Web est moins cher. Il ne reste donc plus grand chose à l’hypermarché.

TLB : Quelle est la réaction des distributeurs ?

O.D. : Ils ont mis beaucoup de temps à accepter qu’une partie de leur force de vente pouvait connaître un déclin. Pendant une décennie, nous avons été plusieurs observateurs à être pourtant assez clairs sur cette évolution implacable des choses.

Aujourd’hui, ils sont en train de réinventer l’hypermarché. Il y a pour cela deux méthodes : la première, c’est de se dire que puisque l’on n’a pas besoin d’autant de mètres carrés, on va rétrécir la surface de l’hyper.

La seconde c’est, au lieu de la réduire, de mieux exploiter cette surface « en trop ». On va alors mettre en scène les produits, comme le fait Carrefour, avec la reconstitution d’un véritable marché couvert. Dans l’univers des jeux et jouets, on va mettre en place des espaces pour améliorer l’expérience, avec des consoles de jeu en libre-service. Dans la zone des produits frais, on va installer un stand italien, asiatique… Tout est alors fait pour sortir de l’ambiance « clinique » qui pouvait subsister dans les hypermarchés.

>>> Aller plus loin : Dix ans de Drive, ça a changé quoi ?

Benjamin Hay - © flashpics - Fotolia.com

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