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La vie à l’étranger séduit nos retraités

Parmi les quelque deux millions de Français expatriés, près de la moitié sont des retraités du régime général, répartis dans 130 pays. Avec une pension moyenne de 1 256 euros en France, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir franchir le pas pour des raisons économiques. Le rêve d’une vie plus douce et moins chère est désormais à la portée de tous les budgets, à en croire les spécialistes du marché.

L’envie de soleil n’est plus la seule raison qui pousse nos retraités à l’exil. Le souci d’économie en est une autre. Une tendance que Paul Delahoutre, responsable du site d’information retraite-etranger.fr décrit comme « un phénomène sociologique qui concerne tout le monde, à cause de la baisse du pouvoir d’achat en France ». La retraite à l’étranger n’est ainsi plus l’apanage des seuls seniors aisés.

« Ils constituent à peine 10% de la clientèle qui nous contacte », rapporte Mathilde Tenneroni, présidente de l’Hirondelle, qui propose via son site Internet www.lhirondelle.info des solutions pour nos retraités souhaitant s’expatrier (location immobilière, aides à la vie courante…), définitivement ou pour quelques mois. Car l’exil peut n’être que temporaire, « certains souhaitant simplement passer l’hiver au soleil car ils paient 1 000 euros de chauffage par an en France », explique la gérante.

Pas de doute non plus pour Paul Delahoutre : les petits budgets ont leur place au soleil… à condition de savoir d’adapter. « Avec 700 euros de retraite en France, on reste chez soi, alors que dans certains pays, avec 1 200 euros, on peut se payer des employés de maison. Les revenus compris entre 1 000 et 3 000 euros sont ceux qui ont le plus intérêt à partir, à condition de se passer des produits importés de France ».

Clichés trompeurs

Dans certains pays en effet, consommer à majorité du « local » diviserait le coût de la vie quotidienne par deux comparé à l’hexagone. Sachant que la politique volontariste de certains pays, comme le Maroc ou la Tunisie « qui proposent d’importantes réductions d’impôts aux étrangers » favorise les départs en retraite au soleil, selon Paul Delahoutre. Et la précision n’est pas anodine. Du coté de l’Hirondelle, un tiers des clients optent ainsi pour une retraite à l’étranger pour des raisons budgétaires.

Crée en mai, le site web tourne à 80 demandes par mois, « signe que les gens sont intéressés », selon sa présidente. On y conseille toutefois aux gens « d’essayer » pendant un à trois mois le pays choisi avant de s’y installer définitivement. Car les idées reçues ont la peau dure. « Beaucoup pensent qu’avec 400 euros par mois, on peut vivre comme un roi au Maroc ou en Thaïlande, hors c’est faux, assure Mathilde Tenneroni. Le niveau de vie augmente dans ces pays. Le Smic thaïlandais a par exemple augmenté de 30% dernièrement. En France, on croit souvent à tort que le Brésil ou la Thaïlande, c’est le tiers-monde. »

Le site retraite-etranger.fr estime que l’on peut vivre correctement en Tunisie pour 1 020 euros mensuels ou avec 1 135 euros au Sénégal. De quoi, peut-être, attirer toujours plus de retraités français qui viendront ainsi garnir une communauté expatriée qui connaît une croissance de 3 à 4% par an en moyenne depuis dix ans.

Benjamin Hay
Photo : Njck/World without borders

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