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Mutuelle de village : quand l’union fait la force

Une mutuelle communale, l’idée est simple, pourtant il fallait y penser. La tendance des achats groupés pour faire baisser les prix, déjà existante au niveau des énergies, s’étend désormais au domaine de la santé.

Comment une mairie peut-elle mettre en place une mutuelle de village ? Il suffit de négocier un tarif de groupe auprès d’une mutuelle unique au nom des habitants de sa commune. Les tarifs diminuent pour les assurés, la mutuelle engrange un contrat important et cette action sociale ne coûte rien aux élus. Tout le monde est gagnant.

Lancée en 2013 à Caumont-sur-Durance, village de 4 700 habitants dans le Vaucluse, la première mutuelle de village prospère. Actuellement environ 300 foyers en bénéficient. La cotisation est de 47 euros par mois, quel que soit l’âge ou la situation familiale de l’adhérent, contre une centaine d’euros, en moyenne, pour une mutuelle classique.

La commune a établi un partenariat avec la Mutuelle générale d’Avignon (MGA). Dans ce cadre, le rôle de la mairie consiste à simplifier le rapprochement entre la mutuelle et les habitants via le centre communal d’action sociale (CCAS).

La mutuelle de village fait des émules

En France, près de quatre millions de personnes n’ont pas accès à une complémentaire santé pour des raisons financières. Selon les contrats établis et le nombre d’habitants intéressés, la mutuelle de village permet des réductions de tarifs de 30 à 70 % par rapport à des contrats classiques. Le modèle de Caumont-sur-Durance a donc fait des émules. Auvergne, Aquitaine, Ile-de-France, Limousin ou Bretagne, les petits villages de centaines d’habitants comme de plus grosses villes (Drancy, Bayonne…) se lancent ou s’intéressent à la mutuelle de village.

162 communes à travers la France ont souscrit à une mutuelle communale via l’offre « Ma commune, ma santé » d’Actiom (action de mutualisation pour l’amélioration du pouvoir d’achat). Trois formules différentes sont proposées : économie, sécurité et confort avec des tarifs variant selon les tranches d’âge. 15,34 euros par mois, pour les moins de 18 ans, 23,93 euros pour les 30 à 60 ans et 59,42 euros après 60 ans. Plutôt qu’un tarif unique intergénérationnel, les mutuelles proposent ces nouvelles solutions hybrides, moins solidaires mais plus rentables.

Dès 2016, à travers l’accord national interprofessionnel (Ani), toutes les entreprises seront obligées de proposer à leurs salariés une complémentaire santé. Ce qui fait craindre à certains un renforcement de la précarisation des retraités, des demandeurs d’emplois et des professions libérales. Dans ce contexte, l’idée de mutuelle communale prend tout son sens.

Marine Couderette - © MONIQUE POUZET - fotolia.com

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