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Pourquoi le label “C’est qui le patron ?!” cartonne

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Nicolas Chabanne a fondé la marque « C’est qui le patron ?! » à l’automne 2016. Celui qui nous a déjà appris à ne plus gaspiller les «fruits et légumes moches» entend redonner le pouvoir au consommateur en les faisant collaborer directement avec les producteurs. Et ça marche !

La marque « C’est qui le Patron ?! » a remporté le Prix de l’innovation la plus altruiste 2017 de la 8e édition des « Profit for non profit Awards », récompensant les entreprises qui intègrent l’intérêt général dans leur modèle économique.

Le principe de cette initiative, lancée à l’automne 2016, est simple mais très novateur : c’est le consommateur qui fixe le prix d’un produit, en fonction de différents critères et de ce qu’il estime être la juste rémunération pour les agriculteurs, éleveurs ou cultivateurs.

Tout a commencé avec une brique de lait, désormais reconnaissable en rayon grâce à sa couleur bleue et son message évocateur : « Ce lait rémunère au juste prix son producteur. » Six millions de litres vendus en à peine cinq mois et chez un seul distributeur, Carrefour.

Depuis, la marque a développé son réseau de revendeurs (Intermarché, Casino, Monoprix, Auchan…) et diversifié ses produits. On peut aujourd’hui acheter une pizza élaborée avec des fromages choisis par les clients, tout comme la provenance des tomates ou le type de cuisson. TouslesBudgets.com a interviewé le fondateur, Nicolas Chabanne, pour essayer de comprendre pourquoi l’idée rencontre un tel succès auprès des Français.

Touslesbudgets.com : Des clients qui choisissent tous les ingrédients et les techniques de fabrication, comment c’est possible ?

Nicolas Chabanne : Nous avons mis en place une plateforme en ligne avec un cahier des charges pour chaque produit que l’on propose de produire. Pour l’instant, nous ciblons des basiques, hormis la pizza qui est aussi là pour montrer que tout est possible avec ce système. Mais par exemple en ce moment, on propose aux internautes de choisir quel est le prochain projet que l’on va élaborer ensemble en priorité : du beurre doux et demi-sel, du fromage blanc ou des œufs.

Pour chacun, on met à disposition un questionnaire à choix multiples où le consommateur doit dire s’il le souhaite allégé en matières grasses, fabriqué en bio, sans OGM ou encore avec quelles garanties nutritionnelles. Toutes les propositions sont expliquées de sorte à ce que des non-professionnels comprennent pour quoi ils votent.

Cela a bien sûr nécessité que, de notre côté, on étudie un peu le produit, le marché, et que l’on démarche des producteurs potentiels. On propose donc un prix en fonction de la réalité du terrain et des critères choisis par les internautes.

>>> Lire aussi : Jeter moins et vivre mieux : un livre vous dit tout

TLB : Quels produits ont pour l’instant été plébiscités par les consommateurs ?

N.C. : Le premier d’entre eux, notre lait vendu à 0,99 euro le litre, a été élaboré avec près de 8 000 contributeurs. Un an après le lancement, il est disponible dans 8 000 points de vente dans toute la France.

Grâce à la mobilisation des internautes, qui s’est concrétisé en magasins, 50 exploitations familiales au bord d’un arrêt d’activité entrevoient désormais un tout autre horizon. Notre jus de pomme, vendu à 1,62 euro, est lui le fruit des réponses de 21 000 internautes !

Au lancement, on était déçus de n’en n’avoir vendu “que” 400 000 litres… Mais un directeur de magasin nous a remis les idées en place en nous rappelant que nous l’avions fait sans publicité et que c’était déjà fou ! C’est impossible à faire pour une marque lambda.

Voilà le pouvoir des « consomacteurs » ! Dernier bébé en date, les steaks hachés frais, à 4,06 euros les deux de 125g, sont arrivés en rayon en novembre.

“Il y a beaucoup à gagner à dépenser un peu plus”

TB : Ce n’est pas forcément moins cher qu’une autre marque, alors pourquoi ça marche ?

N.C. : Ce n’est pas qu’une question de prix, les gens ont envie de consommer autrement, responsable. J’ai bien vu ça avec l’opération « les Gueules cassées » que j’ai initiée, qui avait pour but d’éviter le gaspillage alimentaire en arrêtant d’écarter « les fruits et légumes moches », vous vous souvenez ? Et bien c’est pareil avec « C’est qui le patron ?! », on redonne le volant aux consommateurs.

Ils savent pour quoi ils paient et les quelques centimes en plus valent bien le plaisir de donner de la valeur et du sens à son achat. Il y a beaucoup à gagner à dépenser un peu plus. C’est transparent, gagnant-gagnant avec le producteur que l’on rémunère au juste prix, que l’on soutient presque dans un geste militant.

Le consommateur ne veut plus que son argent serve à alimenter un système dont il ne maîtrise rien. On sort de la logique le prix le plus bas pour le prix le plus bas ! Et finalement c’est le numérique, les réseaux sociaux, qui nous font revenir aux circuits courts d’antan.

On sent bien que si l’idée a pris, c’est que la société était arrivée à maturité sur ce sujet, il y avait une demande. La marque est maintenant dans 10 000 magasins sans qu’on ait eu à passer un coup de fil !

Ce sont eux qui nous démarchent maintenant, car les consommateurs leur demandent. Et il y a encore une marge de progression phénoménale alors, mobilisons-nous !

Nataline Vittori - © capture d'écran lamarqueduconsommateur.com

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