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Revendre sa voiture électrique, un sacerdoce ?

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Les ventes de voitures électriques neuves en France, malgré un bond de 64% en 2015, ne pèsent que 1% du marché automobile. Touslesbudgets.com s’est penché sur la revente d’une voiture électrique. Une opération loin d’être aisée.

0.13%. Sur 779 714 annonces de voitures d’occasion disponibles sur Le Bon Coin*, une infime partie concerne des modèles électriques (1 037 réponses). Vous n’en trouverez guère plus sur Auto Scout24 (0.15%) ou le site web de La Centrale (0.17%). Avec 17 266 unités neuves vendues en France en 2015, selon les chiffres du Comité des constructeurs (CCFA, +64% mais 0.9% du marché total), la voiture électrique ne court encore pas les rues. Le marché de l’occasion ne fait que suivre. Pour Roberto Bencivenga, responsable de la rubrique Occasion du journal Auto Plus, « le particulier qui achète une voiture électrique la garde. Comme pour Dacia, on n’achète pas en pensant à la revente ».

Pour lui, « le problème, c’est que le futur acheteur aura tendance à aller en concession chercher un modèle neuf qui bénéficie d’une super campagne promotionnelle ». Avec la mise en place mi-2015 d’un nouveau bonus allant jusqu’à 10 000 euros pour l’achat d’un véhicule propre (en échange de votre vieille voiture diesel), la tentation est forte de privilégier le neuf à une occasion pas beaucoup moins chère.

L’acheteur se dispense aussi des questionnements sur la seconde main, encore plus forts concernant l’électrique. « Il ne faut pas perdre de vue qu’avec le temps, les batteries électriques perdent en performance et en autonomie, rappelle Didier Laurent, consultant auto du groupe L’Argus. Et la batterie représente plus de la moitié du prix d’achat d’une voiture électrique. »

Une décote accélérée

Dans les faits, la revente d’une voiture propre s’apparenterait à un parcours du combattant. « Pour le moment, l’électrique n’est pas un bon plan pour le vendeur », confirme Didier Laurent. Pour le consultant, « au niveau de la cote argus, le véhicule électrique se déprécie plus fortement que la moyenne car il y a encore des freins à l’achat comme son prix ou son autonomie. »

Des propos qui se confirment, données de La Centrale à l’appui : quand bien même la comparaison entre modèles « propres » et thermiques est délicate -notamment au niveau des performances-, certains chiffres donnent une indication. Sur des modèles de 2014, pour une période de six mois, entre mai et novembre 2015, une Renault Zoe (plus de la moitié des voitures électriques vendues en France) voit sa cote baisser de 6.9%, contre 5.7% pour une Clio essence et 5.6% pour une Clio diesel**. Même constat sur des modèles plus anciens : pour des millésimes 2013, entre septembre 2014 et septembre 2015, la Zoe perd 15.2% de sa valeur entre septembre 2014 et septembre 2015, une Clio diesel 9.2%.

La tendance devrait toutefois finir par s’équilibrer, sur une durée plus ou moins longue en fonction de l’attrait du consommateur pour l’électrique. Les arguments sont déjà là. « Ces véhicules sont de manière certaine ceux qui coûtent le moins cher en entretien », affirme Didier Laurent. Pour qui, malgré tout, à l’heure actuelle, « l’achat d’un véhicule électrique reste avant tout une démarche écologique avant d’être une démarche économique ».

==> Lire aussi : (Dossier) Comment réduire son budget auto ?

*relevés effectués le 13/01/2016

**modèles comparés : évolutions de la cote pour une Zoé 2014 Intense charge rapide, une Renault Clio 2014 – IV 1.5 DCI 75 INTENS ECO2 (diesel), une Renault Clio 2014 – IV 0.9 TCE 90 INTENS ECO2 (essence),une Zoé 2013 Intense charge rapide et une Renault CLIO 2013 – III (2) COLLECTION 1.5 DCI 75 ALIZE 5P ECO2 : -9.2% en un an entre septembre 2014 et septembre 2015

Benjamin Hay - © johnnypicture /Fotolia.com

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