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« Un effet Ryanair sur les prix »

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Pionnier du low-cost aérien, Ryanair espère une croissance de 2% du nombre de ses passagers français en 2015. Touslesbudgets.com est allé demander à Yann Delomez, responsable des achats de la compagnie, ce qu’il en était de sa politique de prix.

Touslesbudgets.com : Comment se porte l’activité de Ryanair en France ?

Yann Delomez : Très bien. Nous sommes présents sur 31 aéroports, ce qui nous permet de couvrir assez largement le territoire. On y développe beaucoup notre activité -croissance de 2% en 2015 après +4% en 2014-, mais moins que dans d’autres pays. Ryanair est une compagnie européenne pour qui la France est moins prioritaire que l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie.

Nous avons ici beaucoup de lignes saisonnières et pas de base qui nous permettrait de proposer des départs tôt le matin et des retours tard le soir (Ryanair a fermé sa seule base française à Marseille en 2011, ndlr). Ce qui ne nous empêche pas d’espérer transporter 8,5 millions de passagers français cette année.

TLB : Le prix explique-t-il à lui seul le succès de Ryanair ?

Y.D. : C’est bien le premier facteur, avec un tarif moyen pour un aller simple à 47 euros, contre 84 euros pour Easyjet, sans parler d’Air France. Mais le prix ne fait pas tout, il y a aussi la proximité avec le client. Etre présents dans des villes comme Lorient, La Rochelle ou Nîmes nous permet de quadriller le marché dans des régions mal desservies. Nous n’avons d’ailleurs pas planifié d’implantation à Charles-De-Gaulle ou Orly car nous sommes déjà dans des grandes villes comme Marseille ou Nice.

TLB : Comment évolue le prix du billet d’avion ?

Y.D. : Nous répercutons la chute du prix du carburant sur le prix des billets. En revanche, contrairement à beaucoup d’autres compagnies, nous n’imposons pas de supplément carburant à nos clients, car ce qui compte, c’est de remplir nos avions. Il y a eu un effet Ryanair qui tire les prix vers le bas sur le marché aérien européen. La concurrence n’a pas d’autre choix que de s’adapter.

TLB : Comment fait-on pour proposer des prix aussi bas sans lésiner sur la qualité ou la sécurité du voyage ?

Y.D. : Nous remplissons nos avions très facilement. Nous garantissons un siège, libre au client par la suite d’acheter ou non des services. Quant à la sécurité, nous y investissons tout ce qu’il faut y investir. On fait aussi bien voire mieux que les autres, avec des avions jeunes -sept ans en moyenne- sur lesquels la maintenance est plus simple et donc moins coûteuse.

TLB : Ryanair propose un tarif d’appel très alléchant (19,99 euros l’aller simple). Y’a-t-il vraiment beaucoup de voyageurs qui partent à ce prix-là ?

Y.D. : Beaucoup en profitent. Maintenant, il n’y a pas de réponse claire à cette question car tout dépend de la popularité de la ligne et de sa saisonnalité. Si l’avion ne se remplit pas assez vite, par exemple, on va abaisser le tarif. Cette sensibilité propre à la ligne fait que l’on ne peut pas donner de pourcentage de sièges à 19 euros sur l’entièreté du réseau.

« Le confort de vol va sensiblement évoluer »

TLB : Certains consommateurs fustigent le prix des à-côtés à bord de vos avions. Que leur répondez-vous ?

Y.D. : Il y a une méconnaissance sur l’évolution de notre service en France. Aujourd’hui, les clients de Ryanair peuvent emporter une valise de 10kg et un sac à dos en cabine sans supplément*. Dans certains cas, en fonction du remplissage du vol, nous proposons à nos clients de mettre leur valise dans la soute lors de l’embarquement, toujours sans supplément.

En ce qui concerne les services à bord, le café, s’il est à trois euros, c’est le prix à payer, sachant que le vol vous aura coûté 19 ou 25 euros. Un billet à 100 euros sur Air France avec un café et une madeleine offerts, on considère que ce n’est pas vraiment ça le service. Ce sont plutôt les prix bas et l’absence de stress à l’embarquement.

TLB : Le modèle « originel » de Ryanair est-il appelé à évoluer face à la concurrence de nouvelles compagnies à bas prix ?

Y.D. : Le confort de vol va sensiblement évoluer car nous souhaitons remettre le client au centre de nos préoccupations. Grâce à notre nouvelle application, plus simple, il peut déjà générer sa carte d’embarquement sans avoir à l’imprimer avant d’aller à l’aéroport. Il y aura aussi bientôt la possibilité de bloquer des tarifs pendant 24 heures voire 72 heures, moyennant cinq euros par trajet. Nous allons également proposer de nouveaux menus à bord, avec plus de choix.

TLB : Est-ce à dire que la cible de Ryanair est en train de changer ?

Y.D. : Nous passons à l’étape suivante : offrir aussi à nos clients une expérience qui soit la plus agréable possible. Cela implique un site Internet plus transparent, des services auxiliaires adaptés -nous allons par exemple introduire la précommande en ligne de petits déjeuners sur les vols matinaux-, de nouveaux intérieurs de cabine, de nouveaux uniformes et des menus en vol plus sains et plus variés.

Ryanair se positionne de plus en plus comme un site de voyage, reprenant tous les aspects d’un séjour de loisir ou d’affaires, de la réservation d’un vol à la location de voitures, en passant par la réservation de logement. Nous allons lancer notre nouveau site Internet en octobre, qui reprendra tous ces aspects.

TLB : Au risque de faire monter les prix ?

Y.D. : Peut-être sur certains services, mais nous mettrons tout en œuvre pour que cela n’impacte pas le prix du billet d’avion. Nous allons d’ailleurs, à terme, intégrer un comparateur de prix à notre site internet afin de montrer que l’on a les prix les plus bas.

TLB : L’offre low-cost elle-même a-t-elle changé les habitudes des voyageurs ?

Y.D. : Ryanair est un peu à l’origine d’une nouvelle demande du consommateur, avec des tarifs bas et plus d’aéroports locaux desservis. Avant, il avait trois semaines de vacances entre juillet et août. Aujourd’hui, il voyage plus sur les week-ends et les jours fériés. Le voyage en avion, qui était auparavant un luxe, s’est tellement démocratisé qu’il est désormais perçu comme plus efficace que le train ou la voiture.

TLB : La crise a favorisé la montée en puissance du transport low-cost. La reprise économique venue, ce modèle continuera-t-il à se développer ?

Y.D. : C’est quelque chose qui s’inscrit dans la durée. Si le terme low-cost est un peu péjoratif aujourd’hui, il ne fait aucun doute que Ryanair restera encore 30 ans sur ce créneau. Nous le faisons simplement évoluer d’un vol sec à une expérience client agréable avant, pendant et après le vol.

==> Voir aussi :

(VIDÉO) Low cost aérien à Marseille : pourquoi un tel succès ?

*dans la limite de dimensions de 55x45x20cm pour la valise et de 35x20x20cm pour le sac à dos en cabine

Propos recueillis par Benjamin Hay - © Ryanair

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